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REACT4KIDS

Share-4Kids une plateforme de données pour comprendre la résistance aux traitements

La résistance aux traitements est un enjeu majeur dans la lutte contre les cancers, qui mobilise de nombreux scientifiques. Les chercheurs disposent d’un arsenal de traitements toujours plus important (chimiothérapies, immunothérapies, chirurgie, thérapies ciblées,…). Pourtant, certains cancers ne sont sensibles à aucun, comme le gliome infiltrant du tronc cérébral par exemple. Dans d’autres cas, des traitements existent, mais ne sont pas efficaces chez certains jeunes patients, sans que l’on sache toujours pourquoi.

Pour espérer pouvoir vaincre ces résistances, il est nécessaire de décortiquer toutes les caractéristiques moléculaires des cellules cancéreuses qui y résistent.

Comment peut-on avancer ?

Actuellement, les chercheurs essaient par exemple d’identifier des points communs entre tous les patients atteints de cancer qui ne répondent pas aux traitements. Ils regardent notamment si ces patients présentent des altérations communes au niveau moléculaire (on parle de signature moléculaire), qui pourraient expliquer la résistance aux traitements. Ils comparent également cette signature au diagnostic et à la rechute, chez le même patient, pour déterminer si des modifications apparaissent et sont responsables de la résistance.

L’accès à ces signatures est donc un enjeu majeur pour comprendre les mécanismes de résistance aux traitements. Mais comment trouver ces données, et les partager pour que les chercheurs puissent avancer ? C’est le rôle de la plateforme Share-4-Kids ! Ces données sont issues directement de l’analyse des échantillons de tumeurs. Or, les cancers des enfants et des adolescents sont rares à l’échelle de la recherche. L’analyse et le partage des données doivent donc être organisés par l’ensemble de la communauté scientifique, pour booster les projets de recherche partout en France. Grâce au soutien de Une Nuit pour 2500 Voix et de l’INCa, l’objectif du réseau React-4Kids est d’établir le prototype d’une future base de données nationale, destinée à rassembler, centraliser et mettre à disposition des chercheurs et des cliniciens l’ensemble des signatures moléculaires disponibles sur les cancers de l’enfant. C’est la plateforme Share-4Kids !

La plateforme Share-4-Kids est novatrice, parce qu’elle organise le partage en temps réel de nombreuses données moléculaires issues de l’analyse :

  • des gènes et de l’ADN : sorte de gros disque dur de stockage de toutes les informations caractéristiques de chaque personne.
  • de l’ARN : des messagers qui permettent aux cellules de fabriquer des protéines en se basant sur les informations contenues dans les gènes.
  • des protéines : les ouvriers permettant à chaque cellule d’accomplir des tâches.
  • de la compaction de l’ADN : au cours de la division cellulaire, l’ADN peut être plus ou moins condensé. Cet état de compaction peut parfois être anormal et entraîner des différences dans l’expression des gènes.

Lorsqu’une anomalie survient au niveau des gènes, des ARN ou des protéines, elle peut progressivement déclencher la transformation d’une cellule normale en une cellule cancéreuse.

Les chercheurs se sont aperçus qu’étudier l’expression génétique ne suffisait pas toujours pour comprendre la capacité des cancers à résister aux traitements.

Grâce à la plateforme, les chercheurs pourront :

  • accéder à des données qui leur permettront d’essayer de définir les anomalies jouant un rôle clé dans la résistance aux traitements,
  • utiliser des modèles pour comprendre si et comment ces anomalies sont à l’origine de la résistance,
  • réfléchir à des solutions pour restaurer la sensibilité d’un patient/cancer aux traitements existants,
  • imaginer de nouveaux traitements capables de vaincre ces résistances.

En regroupant l’ensemble de ces données, la base offrira aux chercheurs un accès simplifié à l’information, leur permettant d’avancer plus vite, ensemble.

👉 Pour aller plus loin et comprendre pourquoi certaines cellules cancéreuses résistent et d’autres non, vous pouvez consulter notre article “Les cellules tumorales, des ennemis aux multiples facettes”.